ITW pour le blog culturel Divertir.eu

ITW avec Maxime Lopez qui tient l’excellent blog culturel Divertir.eu

Isa travaille sur les mélanges. C’est avant tout de la chanson française, mais le son est un mix de jazz, de pop et d’électro. Ses influences vont du blues à l’afro et les sept chansons de l’album reflètent cette originalité musicale. Isa privilégie les ambiances qui sont toujours au service de son propos. Les chansons de l’album Le monde est fou sont inspirées du monde d’aujourd’hui et le clip animé du premier single Le monde est fou donne le ton de cet album engagé. Le titre commence comme une contine et se termine en apocalypse.
Plus jeune, Isa a chanté avec plusieurs formations de jazz dans les clubs de St Germain des près.
Elle a défendu son premier projet personnel « Rouge à Rêve » au festival Parfum de Jazz, en première partie d’Henri Texier en 2017.
Ce deuxième album enregistré dans son propre studio avec Leandro Aconcha (Didier Lockwood, Ibrahim Maalouf) aux claviers et Daniel Blanc, guitariste spécialisé dans le blues, à la guitare est né pendant le confinement.
Paradoxalement, cet album est tourné vers l’extérieur et aborde les thèmes sensibles de l’actualité : Le désastre écologique, les migrants, la prostitution, le temps distandu du confinement.
Le son de l’album, mélange de jazz et blues traditionnel et d’instruments éléctroniques rend compte de la dualité de notre société, tiraillée entre un progrès parfois effrayant et un passé désormais révolu.
La chanson « J’attends » combinée avec un poème de Peter Handke, blues très lent écrit durant le confinement pose l’option du ralentissement du temps (vécu durant cette période si particulière) contre l’accélération et la glorification de la vitesse.
Le monde est fou, premier single éponyme de l’album, évoque la destruction de la planète sous l’angle de la chasse à la baleine.
La musique jazz swing pop assez gaie dit le contraire des paroles mais les textures électro très grinçantes qui font le son plongent l’auditeur dans un univers sonore surprenant et plus anxiogène qu’il n’y parait.

https://www.divertir.eu/blog/culturel/isa-sompare-l-album-le-monde-est-fou.html

Interview avec Isa Somparé

Pourquoi avoir voulu évoquer notre Monde fou dans votre deuxième album ?
J’ai fait cet album pendant le confinement qui a été assez traumatisant pour moi. Et paradoxalement, ce temps ralenti m’a permis de penser 😉 entre autre à notre monde qui ne va pas très bien. On s’en aperçoit dès qu’on écoute les infos…

En quoi est-ce important d’évoquer des sujets d’actualité comme l’écologie, les migrants ou encore la prostitution ?
Important, je ne sais pas mais ce sont des sujets qui m’occupent, qui m’intéressent, qui m’interpellent et toutes ces chansons ont été écrites à partir d’expériences vécues ou d’émotions provoquées par l’actu et ses images.

Alors que l’on a eu la COP26 ou des drames avec les migrants à Calais récemment, peu de choses semblent bouger. Pensez-vous qu’un album ou des artistes peuvent faire bouger des lignes ?
Ce sont des sujets tellement complexes et liés les uns aux autres que les artistes ne peuvent pas peser sur les décisions. Par contre ils peuvent faire réfléchir, faire prendre conscience, et redonner un peu d’humanité à ces questions qui sont souvent envisagées uniquement sur le plan économique.

Qu’est ce qui vous a intéressé de combiner la chanson J’attends avec un poème de Peter Handke ?
J’adore ce poème qui nous encourage à prendre le temps… « Passe par les villages ». Et comme la chanson parlait de l’attente et du vide que j’ai ressenti pendant le confinement, je trouvais que c’était intéressant d’avoir un contrechamp et contre-chant plus positif, sur le fait de laisser le temps s’écouler sans angoisse et sans culpabilité. Nous sommes dans une époque où tout va très vite.

Qu’est ce qui vous plait de mélanger jazz, indie pop et électro sur votre album ?
Tout ! J’adore le jazz, je viens de là, mais je ne veux pas être la nouvelle Ella ou la nouvelle Sarah chantant dans un quatuor de jazz. J’aime également la chanson française, la pop, l’électro et je voulais casser les barrières entre ces différents genres pour faire une musique qui me corresponde.

2 mondes semblent importants pour vous sur cet opus : l’eau (rivières, lac) et la Suisse (Genève, lac Léman). Qu’est-ce que cela vous évoque et pourquoi ces choix ?
Ah alors là je n’avais pas conscience de cela 😉 peut-être que l’eau, l’élément liquide est quelque chose de rassurant… ou peut-être est-ce quelque chose qui fuit, que l’on ne peut retenir dans ses mains, comme le temps ? Quant à la Suisse j’aime autant ce pays que je le déteste. L’apparence est parfaite, beauté, calme, richesse mais si on gratte un peu on retrouve comme partout la misère, la prostitution. C’est ce que j’ai voulu dire dans Porn Geneva.

Est-ce qu’il y a un lieu où vous aimez vous réfugier pour composer ?
Quelquefois je rêve d’un studio perdu dans la campagne, mais finalement je suis très bien dans mon 93. Je suis en prise directe avec le monde d’aujourd’hui et sa diversité.

Comment avez-vous travaillé avec Leandro Aconcha pour les enregistrements et tout s’est-il bien passé ?
On a travaillé à distance car c’était pendant le confinement. J’ai envoyé à Leandro les premières démos des chansons avec déjà les programmations et les ambiances et je lui ai demandé des parties de claviers en adéquation avec ce que je racontais dans la chanson.
Par exemple sur « J’attends » je lui ai dit : « Fais moi du Eric Satie mais en Blues ». Il s’en est très bien tiré 😉

Que souhaitez-vous dire aux contributeurs qui vous ont soutenu pour l’album Le monde est fou ?
Leur dire un grand merci ! C’est grâce à eux que j’ai pu faire cet album car même si la production n’a pas couté très cher, sans eux je n’aurai pas eu les fonds suffisants pour mener le projet à son terme.

Qu’est ce qui vous a plu de proposer un clip animé pour Le monde est fou ?
Le monde est fou parle de la destruction de la terre par l’homme. Et comme c’était difficile et cher 😉 de courir aux quatre coins du monde pour faire des images de la forêt amazonienne, de la chasse à la baleine ou des centrales nucléaires de Fukushima, j’ai donc décidé de faire un clip d’animation. Et Loran Gouy le réalisateur a fait un formidable travail graphique par rapport aux idées que je pouvais avoir pour illustrer la chanson.

La pochette de l’album est plutôt significative… C’est à se prendre la tête ou s’arracher les cheveux de vivre dans le monde où nous sommes… Souhaitez-vous nous dire quelques mots sur l’artwork ?
Je suis assez contente de cette photo. Effectivement je me prends la tête, et en même temps je regarde au loin. Regard incrédule ou regard d’espoir ? On ne sait pas.
Karine Filloux a fait les photos de l’album et du livret et j’ai conçu l’artwork. Bref cet objet ne pouvait pas plus me ressembler 😉

Qu’appréciez-vous dans la scène et des concerts sont-ils programmés ?
J’adore la scène. C’est à ce moment là que les chansons prennent complètement vie. Pour l’instant nous n’avons pas de concerts prévus, d’autant qu’il y a un gros embouteillage avec les grosses pointures qui repartent sur les routes après cet épisode COVID.
J’espère pouvoir jouer cet album en Live en 2022/2023.

Vous commencez Le monde est fou comme une comptine avant de le terminer en apocalypse. Rassurez-nous, la fin du monde n’est pas pour tout de suite ?
Non pas pour tout de suite. Par contre si on ne fait pas attention c’est peut-être pour après demain.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Merci à vous pour cette inteview et essayons d’être le plus heureux possible dans ce monde de fous !

Merci à Isa Somparé d’avoir répondu à notre interview !

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